En France, plus de 40 % des adultes souffrent de douleur chronique selon le Baromètre de la Douleur 2025 publié par l’OFDA. Ce chiffre, déjà préoccupant à l’échelle de la population générale, prend une tout autre ampleur dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes : entre 70 et 80 % des résidents seraient concernés, un taux qui grimpe encore davantage chez les personnes atteintes de troubles cognitifs. Pourtant, cette douleur reste trop souvent sous-évaluée, faute de détection adaptée et de protocoles systématiques.
Une douleur difficile à repérer, mais impossible à ignorer
Le principal obstacle à la prise en charge de la douleur en EHPAD tient à la communication. Beaucoup de résidents, notamment ceux touchés par la maladie d’Alzheimer ou d’autres formes de démence, ne peuvent plus exprimer verbalement ce qu’ils ressentent. Leur souffrance se manifeste alors autrement : agitation, repli sur soi, refus de soins, grimaces, cris. Ces comportements sont encore trop souvent interprétés comme des symptômes psychiatriques et traités par des médicaments psychotropes, alors qu’un antalgique adapté aurait pu suffire.
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C’est précisément dans ce contexte que l’aide-soignante joue un rôle central. Présente au quotidien, lors des toilettes, des repas, des mobilisations, elle est souvent la première à remarquer un changement de comportement. Sa capacité d’observation est une ressource médicale à part entière, même si elle reste insuffisamment reconnue dans les organisations de soins.
Des outils concrets pour évaluer et transmettre
Pour structurer cette observation, les équipes soignantes disposent d’échelles validées. L’échelle ECPA (Évaluation Comportementale de la Douleur chez la Personne Âgée) et la Doloplus-2 sont spécialement conçues pour les résidents non communicants. Pour ceux qui peuvent encore s’exprimer, une échelle verbale simple ou numérique reste le moyen le plus direct. Ces outils permettent de quantifier la douleur, de la transmettre à l’infirmière et au médecin coordonnateur, et de suivre son évolution dans le temps.
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Les familles qui s’interrogent sur le choix d’un EHPAD à Perpignan ont tout intérêt à se renseigner sur les protocoles de gestion de la douleur en vigueur dans l’établissement visité : c’est un indicateur fiable de la qualité de l’accompagnement global.
Le cadre réglementaire impose d’ailleurs cette vigilance. L’article L.1110-5-3 du Code de la santé publique stipule que la douleur doit être évaluée, prévenue et traitée en toutes circonstances. Le référentiel HAS, actualisé en 2024, en fait même un critère impératif dans l’évaluation des EHPAD. Malgré cela, des obstacles persistent : manque de personnel la nuit et le week-end, absence de protocoles d’anticipation, formation insuffisante des équipes à la spécificité de la douleur dans le grand âge.
La prise en charge de la douleur en EHPAD est un enjeu de santé publique qui mobilise soignants, familles et institutions. Si les aides-soignantes portent une part essentielle de cette mission au quotidien, elles ne peuvent pas l’assumer seules. Une organisation structurée, des protocoles clairs et une formation continue restent les conditions indispensables pour que chaque résident puisse vieillir dans un confort digne. Pour en savoir plus sur les stratégies de gestion de la douleur chez la personne âgée, le site propose des ressources dans sa rubrique seniors.

