En France, des millions de femmes manquent chaque année de protections périodiques. Ce n’est pas un phénomène marginal : selon le ministère chargé de l’Égalité, plus de 2,4 millions de femmes se retrouvent régulièrement sans accès aux produits dont elles ont besoin, et d’autres estimations, fondées sur une définition plus large des difficultés, atteignent 4 millions. Derrière ces chiffres, des conséquences concrètes sur la santé, le travail et la vie scolaire.
Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes
Près d’une jeune Française sur deux (44 % des 18-24 ans) fait face à des difficultés pour se fournir en protections menstruelles. Parmi elles, 330 000 n’y ont régulièrement pas accès du tout. Sur le plan financier, une femme dépense en moyenne 2 000 € au cours de sa vie pour couvrir ce besoin. Résultat : selon l’association Règles Élémentaires, 53 % des jeunes filles ont déjà manqué l’école à cause de leurs règles, et 30 % des femmes ont déjà renoncé à se rendre au travail pour la même raison.
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Les conséquences ne sont pas seulement sociales. Faute de protections adaptées, certaines femmes gardent un tampon bien au-delà des délais recommandés, augmentant le risque d’infections et de syndrome du choc toxique. D’autres ont recours à des alternatives inadaptées, papier toilette ou mouchoirs, sources d’irritations et de déséquilibres de la flore vaginale. À cela s’ajoute un impact psychologique réel : 72 % des femmes interrogées estiment que la précarité menstruelle a des conséquences directes sur leur bien-être.
Ce que font (et peuvent faire) les structures qui accueillent du public
Face à ce constat, les pouvoirs publics bougent. La loi de financement de la Sécurité sociale 2024 a intégré le remboursement à 60 % des protections réutilisables pour les femmes de moins de 26 ans, et à 100 % pour les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire. À partir de l’automne 2026, cette prise en charge sera pleinement opérationnelle. Des distributeurs gratuits ont également été déployés dans les universités, résidences et restaurants universitaires, pour un budget de 8 millions d’euros.
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Du côté des entreprises et des structures privées, aucun texte n’impose explicitement la mise à disposition de protections hygiéniques. Mais le Code du travail (articles R4228-1 et L4121-1) oblige l’employeur à garantir des conditions d’hygiène et de dignité satisfaisantes, et depuis la loi Santé au travail de 2021, la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) intègre les aspects matériels concrets du quotidien. Plusieurs collectivités ont déjà rendu ces équipements obligatoires dans leurs bâtiments. Beaucoup d’entreprises n’attendent plus la contrainte légale pour agir.
Une solution simple existe pour les structures qui souhaitent franchir le pas : le distributeur serviette hygiénique Distrib Nature, un appareil 2 compartiments en acier zingué et bois, fabriqué en France, qui se fixe au mur sans raccordement électrique. Il peut contenir 40 serviettes et 110 tampons, se recharge sans outil par n’importe quel membre du personnel, et est proposé à 129 € TTC. Plus de 4 000 structures l’ont déjà adopté, des cabinets médicaux aux associations en passant par les entreprises.
La précarité menstruelle n’est pas qu’une question de budget individuel. C’est aussi un sujet de santé collective, qui concerne les lieux où les femmes passent leur journée.

