Une personne sur vingt au-delà de 65 ans se voit diagnostiquer une pathologie affectant progressivement ses fonctions cérébrales. Certaines formes se manifestent bien plus tôt que ce que laisse penser leur réputation liée au vieillissement. Les progrès médicaux ralentissent certains symptômes, mais aucun traitement curatif n’existe à ce jour.
Les avancées scientifiques permettent désormais d’identifier plus précisément les premiers signes et d’améliorer la prise en charge. Des facteurs de risque modifiables sont aussi mis en évidence, ouvrant la voie à des stratégies de prévention.
Maladies neurodégénératives : comprendre ce qui se passe dans le système nerveux
Le terme maladies neurodégénératives désigne un ensemble de pathologies chroniques et évolutives qui touchent le système nerveux central, autrement dit, le cerveau et la moelle épinière. Au cœur de ces affections, une réalité : la disparition progressive des neurones, ces cellules qui assurent le passage de l’information dans notre système nerveux. Résultat, peu à peu, les fonctions cognitives (mémoire, raisonnement), les capacités motrices et même certains aspects du comportement se dégradent.
Le processus varie selon la maladie. Pour la maladie d’Alzheimer, la plus répandue, ce sont les plaques amyloïdes et la dégénérescence neurofibrillaire qui s’accumulent dans le cerveau, entravant la communication entre neurones. Dans la maladie de Parkinson, c’est la substance noire qui dégénère, perturbant la production de dopamine, essentielle à la régulation des mouvements.
Voici quelques caractéristiques principales de ces maladies :
- Les maladies neurodégénératives provoquent une perte progressive du contrôle moteur, de la mémoire et du comportement.
- Elles concernent en majorité les personnes âgées, mais certaines, comme la maladie de Huntington, peuvent débuter plus tôt.
- Leur évolution varie d’un patient à l’autre, rendant le parcours souvent imprévisible.
Les premiers signes se faufilent parfois discrètement : mots qui échappent, petits oublis, gestes moins précis. L’évolution s’étale généralement sur plusieurs années, rognant peu à peu l’autonomie et la qualité de vie. Grâce aux neurosciences, on cartographie aujourd’hui plus finement les zones du cerveau atteintes, et on commence à mieux saisir l’engrenage qui conduit à la disparition des neurones.
Quels sont les principaux types et laquelle est la plus fréquente ?
Le champ des maladies dégénératives du système nerveux est vaste. Certaines altèrent avant tout la mémoire et les fonctions intellectuelles, d’autres s’attaquent d’abord aux mouvements ou à la conduite sociale. Les deux noms les plus familiers, que l’on entend souvent lors des consultations, restent la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson. D’autres viennent compléter ce tableau : maladie à corps de Lewy, sclérose latérale amyotrophique (SLA ou maladie de Charcot), sclérose en plaques.
La maladie d’Alzheimer occupe la première place en termes de fréquence. C’est la cause principale de démence à l’échelle mondiale, avec plusieurs millions de personnes concernées, surtout après 65 ans. Elle se traduit par une altération progressive de la mémoire, des difficultés à s’orienter, à planifier, des troubles du langage, parfois des modifications du comportement. Au niveau cérébral, deux anomalies dominent : plaques amyloïdes et dégénérescence neurofibrillaire.
Pour mieux cerner les différentes maladies, voici un aperçu des tableaux cliniques fréquemment rencontrés :
- Maladie de Parkinson : ralentissement, raideur, tremblements, auxquels peuvent s’ajouter des troubles cognitifs.
- Maladie à corps de Lewy : fluctuations de l’attention, hallucinations visuelles, signes parkinsoniens.
- Sclérose latérale amyotrophique : affaiblissement des muscles, paralysie progressive liée à l’atteinte des motoneurones.
- Dégénérescences fronto-temporales : perturbations du langage et de la personnalité.
Derrière chaque diagnostic, une même réalité : la progression lente, la perte d’autonomie graduelle, vécue par le patient et son entourage. D’autres maladies moins fréquentes, comme la démence vasculaire, la maladie de Huntington ou l’atrophie multisystématisée, existent aussi, mais elles restent bien moins courantes que la maladie d’Alzheimer.
Reconnaître les symptômes et mieux cerner les causes
Repérer l’apparition d’une maladie neurodégénérative demande observation et attention. La perte de mémoire reste le signe le plus évocateur dans la maladie d’Alzheimer, mais d’autres symptômes dépendent du trouble en cause : tremblements et rigidité dans la maladie de Parkinson, transformations du comportement ou troubles du langage pour les dégénérescences fronto-temporales.
Certains signaux doivent alerter : difficultés à planifier, à raisonner, gestes quotidiens moins fluides, interactions sociales perturbées. Ce sont souvent les proches qui remarquent les premiers ces évolutions, parfois subtiles.
Les symptômes à surveiller sont divers :
- Oublis récents ou anciens qui deviennent inhabituels
- Raisonnement moins sûr, jugements altérés
- Langage perturbé, propos parfois incohérents
- Changements de personnalité, impulsivité inhabituelle
- Problèmes de coordination, troubles moteurs
Quant à l’origine de ces maladies, elle se révèle multiple. Les recherches pointent une combinaison de facteurs : génétiques, environnementaux et liés au mode de vie. Si la cause exacte échappe encore, une histoire familiale ou certaines mutations génétiques augmentent le risque de développer la maladie plus tôt. Pour établir le diagnostic, tout commence par une évaluation clinique rigoureuse, des examens neurologiques, sans oublier l’apport précieux des proches pour retracer l’évolution des troubles.
Prise en charge et conseils pour agir face aux premiers signes
Consulter un neurologue sans tarder dès l’apparition de troubles de la mémoire ou du comportement fait toute la différence. Un diagnostic posé rapidement, fondé sur l’examen clinique et des investigations complémentaires si nécessaire, permet d’adapter la prise en charge. Pour la maladie d’Alzheimer, les traitements symptomatiques, comme les inhibiteurs de la cholinestérase ou la mémantine, contribuent à freiner la progression des troubles cognitifs, du moins pendant un temps.
Dans la vie quotidienne, la rééducation prend une place centrale. Kinésithérapeutes, orthophonistes, ergothérapeutes agissent pour préserver l’autonomie, stimuler la mémoire, limiter la perte de mobilité. Le soutien psychologique, qu’il soit individuel ou en groupe, aide à rompre l’isolement et à mieux vivre avec le diagnostic. Des associations telles que France Alzheimer Oise ou France Parkinson proposent, via leurs plateformes de répit, un accompagnement concret pour les aidants et des solutions de soutien au quotidien.
Le parcours de soins s’appuie sur différentes ressources : structures d’accueil temporaire ou permanent, coordination avec l’Assurance Maladie, dispositifs d’accompagnement social. S’appuyer sur une approche pluridisciplinaire, en lien avec le médecin traitant et les spécialistes, permet de réajuster les interventions au fil de l’évolution de la maladie.
Voici l’essentiel à garder en tête pour accompagner au mieux une personne concernée :
- Consultations spécialisées et suivi rapproché
- Rééducation sur le plan cognitif et moteur
- Accompagnement et soutien pour les aidants
- Orientation vers des structures adaptées ou plateformes de répit
La qualité de vie du patient se joue autant dans la mobilisation de l’entourage que dans l’accès à des ressources adaptées, à chaque étape du parcours. Face à la maladie, le combat se mène à plusieurs, chaque geste compte et chaque soutien pèse dans la balance du quotidien.


