La réalité météorologique n’obéit pas toujours aux attentes. Cette semaine, alors que la température restait juste au-dessus du point de congélation, beaucoup s’attendaient à retrouver leur pare-brise recouvert de givre au petit matin. Pourtant, à la surprise générale, il n’y avait que peu, voire pas de glace sur les vitres. D’où vient cette différence entre prévision et constat ?
Air sec, ciel voilé : le duo qui change tout
La réponse se niche dans la rencontre entre un air sec et un ciel couvert. Jaco van Wezel, météorologue chez Weeronline, éclaire la situation : « Habituellement, quand l’air est humide et le ciel dégagé, la vitre se refroidit plus vite que l’air ambiant. L’humidité se condense alors et laisse derrière elle une couche de givre blanc. » Cette nuit-là, la donne avait changé.
Le vent a également son mot à dire. Van Wezel précise : « Aux Pays-Bas, quand souffle un vent d’est, du sud-est ou du sud, il apporte généralement un air plutôt sec. Ce n’est pas un air complètement desséché ; d’ailleurs, la brume observée mardi matin dans le nord du pays en atteste. Là-haut, il faisait plus froid, l’air ne pouvait plus retenir autant d’humidité et le brouillard a pointé en l’absence de vent fort. C’est d’ailleurs le même processus qui peut transformer un pare-brise en miroir givré. Si le vent vient du sud-ouest, de l’ouest, du nord-ouest, du nord ou parfois du nord-est, il passe au-dessus de la mer du Nord et s’enrichit en humidité. »
Conséquence mardi : certains ont quitté leur lit plus tôt, persuadés de devoir gratter leur pare-brise, pour finalement découvrir une vitre presque intacte. Est-il possible d’anticiper la nécessité du grattoir ? Van Wezel nuance : « Si l’air est suffisamment sec et que des nuages sont attendus, il y a de fortes chances de ne pas avoir à gratter. Les bancs de nuages de la nuit dernière n’étaient pas vraiment prévus, ce qui a surpris. » Dans le nord-est du pays, où le ciel était resté dégagé, beaucoup ont toutefois retrouvé leur grattoir à glace.
Mercredi : le retour des rayures
Et pour mercredi ? Van Wezel table sur le retour de fines rayures de givre, mais une couche qui devrait s’effacer sans peine. « L’air reste sec, mais dès que le ciel se découvre, la vitre se refroidit très vite et une fine pellicule de glace peut se former. »
Le scénario du grattoir risque donc de se répéter mercredi matin. Détail utile, partagé par Van Wezel : il existe des moyens simples pour éviter que la couche de givre ne s’installe trop. Par exemple, placer son véhicule à proximité d’un bâtiment ou d’une haie peut limiter l’exposition du pare-brise au ciel dégagé et, par conséquence, réduire la formation de glace. Autre option : installer une bâche ou une feuille sur le pare-brise pendant la nuit.
Le dégel en embuscade
Mercredi, le nord du pays va devoir composer avec une poussée de dégel. Résultat : l’air va se charger en humidité, ce qui augmente le risque de retrouver un pare-brise givré le matin. « Avec l’arrivée des précipitations, un autre phénomène guette : la formation de verglas », avertit Van Wezel.
Dans le sud-est, le gel devrait s’accrocher jusqu’au week-end. Et il n’est pas exclu que, après un court répit jeudi et vendredi, une vague de froid plus marquée vienne s’installer de nouveau sur l’ensemble du territoire à l’approche du week-end.
La météo, elle, continue de jouer les trouble-fêtes. Entre ciel voilé, humidité capricieuse et rayures sur les vitres, chaque matin réserve sa dose de surprises. Demain, qui gagnera : le grattoir ou la douceur ?

